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L'histoire du tabac et de la Manufacture Royale des Tabacs

Le début

Nous ne savons pas avec certitude comment le tabac est arrivé en France. 2 hommes se réclament du titre de pionnier.

Le tabac est arrivé en Europe, et plus particulièrement au Portugal, à la fin du XVe siècle, grâce aux expéditions en Amérique du Sud.



Jean Nicot qui était ambassadeur de France à Lisbonne, a envoyé en 1560 du tabac à la reine Catherine de Médicis afin de soigner ses maux de tête. À l’époque, le tabac était avant tout un médicament. Dans l’envoi il inclut les instructions pour la culture et la préparation des feuilles. La reine fut soulagée et progressivement le tabac devint populaire dans les classes les plus aisées de la société.




André Thevet revient en 1556 d’une expédition au Brésil. Il sème les graines qu’il a rapportées dans le jardin d’un couvent d’Angoulême.

Malgré le fait qu’André Thevet fut le premier à importer et cultiver les graines de tabac, c’est à Jean Nicot qu’on accorde communément le statut de pionnier. C’est de son nom que naît le mot « nicotine » ou qu’on appelle aussi le tabac « l’herbe à Nicot ». Cette rivalité entre les 2 hommes apparait dans plusieurs publications. Néanmoins, Thevet fut bien le premier à cultiver la plante en France.


L’introduction du tabac en Lot et Garonne


Clairac fut la première ville à cultiver le tabac en Lot et Garonne vers 1630*. Le choix de cette ville n’étant pas un hasard car l’abbaye était en relation avec André Thevet au XVe siècle. Très vite la culture de la plante se propagea dans la plaine de la Moyenne Garonne.

*La marque 1637, créée dans les années 2000, a choisi ce nom en référence à ce qui serait l’année de la première récolte attestée à Clairac.


Le Royaume de France prend le contrôle


La culture du tabac au XVIIe siècle est très florissante car la consommation de tabac devient de plus en plus populaire. Cette activité est donc très rentable pour les tabaculteurs.

Au même temps les caisses du Royaume se vident à cause de nombreux conflits et en particulier à cause de la guerre de Hollande. Colbert prend alors des décisions qui vont changer la donne pour les cultivateurs de tabac.


En 1674, Colbert crée la Ferme du Tabac qui a le monopole de la vente, puis réglemente aussi sa production, sinon la vente est soumise à de fortes amendes. En 1676, un arrêt du Conseil délimite les zones strictes de production afin de lutter

contre la vente de contrebande pourtant très prospère. En 1677 les juridictions suivantes ont le droit de produire le tabac : Damazan, Puch, Monheurt, Villeton, Calonges, Lagruère, Le Mas d’Agenais, Caumont sur Garonne, Laparade, Laffite, Clairac, Aiguillon, Tonneins, Grateloup, Fauillet et Verteuil.


La Manufacture Royale des Tabacs


À la fin du XVIIe siècle les tabaculteurs de Tonneins et Clairac sont considérés comme d‘excellents spécialistes renommés pour leur savoir-faire.

Dès 1718, il est fait état de la Manufacture Royale des Tabacs à Tonneins, qui agrandie en 1810, emploiera jusqu’à 1200 personnes, produisait de la chique à mâcher et de la poudre à priser, la proximité de la Garonne facilitant alors le transport des balles de tabac comme les produits finis sur les gabarres.


En 1875, ses locaux devenant trop petits, une nouvelle manufacture fut édifiée près de la voie ferrée, nouvellement créée. Le transport ferroviaire supplanta alors le transport fluvial et l’ancienne manufacture tomba en déshérence, comme le port qui perdit peu à peu son importance économique.


La vieille Manufacture Royale devenue entre-temps propriété de la Municipalité, vit sa gestion confiée à Val de Garonne Agglomération. En 1993, VGA en fit brièvement un espace muséographique consacré à la batellerie baptisé « A Garonna », et fit inscrire le bâtiment à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en 2001. Devenue, depuis, le siège du Club Canoé-Kayak de Tonneins, la Manufacture Royale va devenir en 2019 le siège du pôle nautique de Tonneins et les locaux seront partagés avec Amigaronne.